Motion de notre commission exécutive du 13 septembre sur la stratégie de lutte

La commission exécutive de notre syndicat a décidé d’interpeller le bureau confédéral, la commission exécutive confédéral ainsi que le CCN sur la stratégie de lutte qui semble se dessiner en cette rentrée social notamment pour faire face à l’attaque sans précédent du gouvernement contre notre système de retraite…

« L’histoire est un éternel recommencement » parait-il…Mais serions-nous à ce point aveugles pour ne pas tirer les leçons ne serait-ce que des 5 années passés ? Nous sortons d’un congrès confédéral. Celui-ci n’aurait-il donc tiré aucun enseignement de la séquence que nous traversons depuis la loi « El-Khomri » ?

En effet, la multiplication des dates de mobilisation, parfois unitaires, parfois interprofessionnelles, parfois professionnelles, n’ont au final démontré qu’un chose : en ordre dispersé nous n’obtenons qu’une seule chose : la défaite !!!! Et c’est cette « stratégie de la défaite », car il faut bien l’appeler comme cela, que nous semblons réitérer en cette rentrée 2019. Avec près d’une dizaine de dates de mobilisation professionnelles, interprofessionnelles, sociétales rien que sur le mois de septembre, comment devons-nous interpréter, nous militants « de base », ce choix que nous finissons par croire  délibéré ?

Alors oui, les sujets sont nombreux : retraite, sécurité sociale, fonction publique, chômage, droit des travailleurs, salaires et nous en passons… Il y a besoin de gagner sur tout cela nous ne le nions pas. Mais ces sujets sont les mêmes depuis des années et depuis des années nous continuons à développer des luttes de « secteurs » sans arriver à faire du « tous ensemble » non pas une incantation mais un axe stratégique. Résultats : des reculs, des défaites, partout et pour tous !!!!Le fédéralisme, ce n’est pas l’autonomie. Fédérer, puisque certains semblent l’avoir oublier, c’est unir, pas disperser.

Alors oui nous direz-vous, la CGT en cette rentrée à refuser d’aller dans un certain nombre de « forum sociaux ». C’est bien la moindre des choses de refuser de donner une caution morale à un gouvernement qui depuis son arrivée n’a de cesse que de nous piétiner, nous violenter, fouler au sol l’ensemble de nos droits. Mais ensuite ?

La CGT, organisation syndicale de classe, historique dans ce pays, héritière de l’anarcho-syndicalisme, a une responsabilité majeure dans cette époque trouble. Les salariés, les retraités, les jeunes, les privés d’emplois mais également nos ennemis de classe nous scrutent. Les uns attendent de nous que nous soyons moteurs des luttes, les autres que nous tombions dans le réformisme « cfdtiste » le plus abject. Aurons-nous le courage de trahir les uns au profit des autres par manque de lucidité et de courage politique. Car oui camarades, il va nous falloir du courage pour créer les conditions d’une « grève interprofessionnelle à durée illimité », le terme grève général semblant être un frein à la discussion et une excuse pour ne rien faire. Il ne s’agit pas de « l’enclencher » en pressant un bouton comme les plus timorés le défendent, mais bien de ne pas en freiner le processus, voir même d’en créer, dans la mesure de nos moyens, les conditions. Là, et quelque soit le résultat, nous pourrons dire que nous aurons été à la hauteur et que nous nous serons donner les moyens de gagner. De notre point de vue et dans le respect de notre indépendance cela doit également passé par un échange partout où cela est possible avec le mouvement social des « gilets jaunes » avec qui nous partageons nombre de préoccupations et de revendications.

L’histoire reste à écrire nos camarades. Allons-nous laisser notre ennemie décider du scénario à notre place ? Pour nous, les luttes doivent s’articuler autour d’une stratégie se développant autour d’un calendrier commun comprenant des actions locales marquantes (occupations, blocages, manifestations) notamment en matinée avec des manifestations interprofessionnelles communes ensuite.

Enfin, nous qui sommes à la Préfecture de Police, nous sommes bien placé pour savoir combien les stratégies de maintien de l’ordre se sont durcies et combien elles peuvent encore l’être. Lancer les militants ainsi en ordre dispersé, c’est prendre la responsabilité de les sacrifier sur l’autel de la répression policière. Ce n’est qu’en nombre que nous avons la force d’affronter leur férocité. Allons-nous là-aussi faire ce choix vis-à-vis de nos camarades et des travailleurs qui nous rejoignent dans les cortèges et les piquets ?

Bien entendu notre organisation va appeler au 24 septembre car cela présente pour nous une opportunité de nous adresser aux salariés. Mais en toute conscience nous savons d’ores et déjà que ce type de mobilisation ne sera pas suffisant pour les faire reculer et la question de notre participation aux prochains appels se pose dès maintenant en l’absence de débat sur la stratégie. Vous avez lancé une campagne nationale « La CGT, vous la voulez comment ? », sorte de « grand débat interne », cela devient malheureusement à la mode. Nous nous trompons de question, la question est « Comment doit-être la CGT dont nous avons besoin » ? Et là pour nous une seule réponse s’impose : unie, volontariste et combative.

Cessons de fuir nos responsabilité et d’avoir peur de la défaite, nous n’en connaissons que déjà bien suffisamment le goût. Faisons du tous ensemble une réalité, il en va de notre avenir à tous.

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